LES CHALETS DE SALES

Sur la route des Chalets de Sales

La montée de l'alpage de Sales, et de là, aux lacs du Laouchet, une des plus belles randonnées de Haute-Savoie. Le spectacle qui s'offre ramène des millions d'années en arrière, lorsque la vallée de Sixt se trouvait sous la glace.

D'abord, chemin dans la forêt, l'itinéraire se transforme en sentier après avoir traversé une clairière où mélèzes et sapins luttent vaillamment pour leur survie face aux avalanches qui les fragilisent régulièrement en dévalant des Lanches sous le Collet d'Anterne.

Un premier ressaut mène aux Cascades de la Pleureuse et de la Sauffaz. La première est une des résurgences du désert du Platé. Après une courte montée le long de la Sauffaz, on parvient au Clos, vaste replat où l'on traverse le torrent.

Le sentier s'élève ensuite vers le fond du cirque, qu'il franchit par un passage taillé dans le roc, autrefois emprunté par les troupeaux qui rejoignaient l'alpage. Après avoir admiré la cascade de Sales, on arrive à celle de Traînant.

En continuant le sentier, le fracas de l'eau s'apaise et soudain, plus un bruit ne vient troubler la progression. Le parcours de l'eau est désormais souterrain et on ne la trouve que bien plus haut. Dans le Grand Pré de Sales.

Arrivé à l'alpage, dont l'entrée est marquée d'une croix, sur la gauche, une petite chapelle attire le regard. Ce modeste sanctuaire possède un autel taillé dans le calcaire (1617) et, chaque été, des centaines de personnes suivent ici une messe alpestre. On atteint le refuge, puis les chalets d'alpage, autrefois au nombre de 80.

Quittant le sentier qui se dirige vers les Dérochoir (au niveau d'un bassin taillé dans la pierre), on suit une sente (peinture orange) qui s'élève à droite dans la falaise de Barme-Froide. Là, le courant d'air qui s'échappe d'une grotte fait frissonner. Attention, en début de saison, le sentier très raide peut déboucher sur sur un névé pentu.

Au delà, on accède à une Combe de lapiaz et de pelouse avant de rejoindre les lacs du Laouchet, deux joyaux dans lesquels se reflètent les sommets de la chaîne des Fiz.

C'est au bord de ces lacs, bordés de touffes de linaigrettes, que l'on observera facilement le Triton Alpestre, élégant petit batracien. Dans sa parure de noces, le mâle a des flancs bleus surmontés d'une bande de petits points, son ventre est d'un orange soutenu, et sa crête dorsale est marquée de noir et de jaune. La femelle plus terne, est marbrée de brun, avec le ventre d'un orangé moins vif. Après l'accouplement, les tritons perdent leur crête et leurs couleurs. Leur peau devient alors veloutée et, pour hiverner, ils se réfugient dans les endroits humides. Pour le retour, on empruntera soit le GR96 au sud-est des lacs, soit le fond du vallon sous le col de la Portette et le passage du Dérochoir. En traversant le Grand Pré, on pourra alors à nouveau observer des tritons dans les mares temporaires qui jalonnent le sentier.

 

 

 

 

 

 

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